Qu'est-ce qu'une nation ? Point de vue

Tout d'abord j'annonce la mise en ligne d'un PDF qui avait été numérisé je crois par AIIXS, "Les caractères spécifiques de la lutte des classes dans l'antiquité classique" de Charles Parain. A lire par tous ceux qui se demandent encore : "mais comment appliquer la théorie de Marx à l'Antiquité ?" Ensuite j'en profite pour vous faire remarquer mon changement de pseudo (je suis tombé sur une photo de Camélinat en lisant Fils du peuple, et faut bien dire qu'il avait un sacrée barbe). Et pour finir, je présente mon point de vue sur le discours d'Ernest Renan, que j'avais envie d'écrire depuis quelques temps.

Il n'y a pas très longtemps, Alain Juppé, maire de Bordeaux, écrivait sur son blog : "Les définitions de la Nation sont nombreuses. Il me semble que celle qu’en a donnée Ernest RENAN, dans sa très belle conférence du 11 mars 1882, reste indépassable." C'est un point de vue partagé, souvent avancé dans ledit "débat sur l'identité nationale", par beaucoup de ceux qui se réfèrent à l"idée française" de la nation. Lui préférant plutôt la marxiste, j'ai tout de même relu vite fait le discours de Renan. Ce qui me mène à exposer les idées suivantes, que je vous invite à discuter.

Dans Qu'est-ce qu'une nation, Ernest Renan explique ni plus ni moins que l'Allemagne doit rendre l'Alsace à la France. Les Alsaciens veulent être français ! Or le principe des nations veut qu'elles soient constituées par l'adhésion des hommes à un avenir commun. Quid de ceux qui n'y adhèrent pas ? Méfions-nous, nous dit Renan, des "volontés souvent peu éclairées". Comprendre sans doute les peuples colonisés, ou bien d'éventuels indépendantistes. N'ont-ils pas après tout, besoin de ces nations qui "servent à l'œuvre commune de la civilisation" ? Il ajoute d'ailleurs : "Le voeu des nations est, en définitive, le seul critérium légitime". Quelle noble conclusion ! Lénine n'aurait pas dit mieux. Oui mais "aucun principe ne doit être poussé à l'excès". Traduction : ce qui est bon pour l'Alsace-Lorraine ne l'est pas forcément pour le reste du monde.

D'ailleurs, on doit bien avoir quelque chose dans le sang qui fait qu'une fois les nations disparues - c'est à dire une fois disparu le "vouloir vivre ensemble" qui fonde ces "consciences morales"-, elles seront remplacées par la "confédération européenne". Laquelle ne sera donc pas fondée sur la conscience morale... allez donc savoir sur quoi ! Est-il possible que Renan n'ait pas totalement refoulé son vieux fond raciste ? Car s'il rejette effectivement les races, c'est pour évoquer celles d'Europe : "Gaulois, Étrusques, Pélasges, Grecs, sans parler de bien d'autres éléments". Il n'en reste pas moins que les nations, c'est bon pour les Européens, qui ne devraient pas se diviser comme ça. Certes, "l'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes". Mais alors, pourquoi une "confédération européenne" ? C'est clair comme de l'eau de roche : il y a l'homme bon pour l'Europe, et le reste. Car en transcendant les nations, l'Europe confédérée ne fera que réaliser le plein développement de la "civilisation". Ne peut-on penser qu'elle deviendra, de la république de Thiers à l'Europe de Schuman, et à l'instar de l'Empire romain, "une grande association, synonyme d'ordre, de paix et de civilisation" ?

Ce grand ami de Gobineau devait vraisemblablement séparer les Européens du reste du monde pour justifier son grand principe des nationalités. On peut donc faire l'hypothèse d'un pont entre Qu'est-ce qu'une nation ? et les idées racistes qu'il a pu développer par-ci par-là, lesquelles ne se limitent pas à une période particulière de sa vie. Dès lors, si un socialiste entreprenait de se référer à Renan pour penser l'identité française, on trouverait ça assez suspect.

Camélinat

Commentaires  

 
0 #3 activiste.rouge 29-06-2010 18:23
D'autre part, dans l'internationalis me ( la IIIeme IC ) respecte les droits et l'indépendance des peuples des pays étrangers les uns envers les autres , ils ont toujours montré leur volonté de vivre en paix et amitié avec les Etats voisins tel qu'en URSS. C'est là qu'apparaît la base des relations de plus en plus étendues et durables de l' Etat avec les peuples attachés à la liberté.
Car JAMAIS en URSS , il n'y a eu de conflit entre les peuples .... certes envers certains éléments capitalistes ou trotsko-hitlerien , mais pas entre les prolétariens des différentes patries ou nation composant la grande patrie de l'URSS . Les combats de la seconde guerre mondiale en sont la démonstration de l'elan patriotique , tout comme les FTP , FTP-MOI a partir de 1936 en France , car notre terre d'accueil pour ce faire doit etre libre et unie .
partie 2 et fin
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0 #2 activiste.rouge 29-06-2010 18:22
La définition ne se résume pas a quelques nationalistes ou révisionnistes de tout poils , Renan n'étant pas a mes yeux , une référence sur ce sujet ! La puissance du patriotisme dans le coeur de TOUS Communistes , ne repose pas sur des préjugés racistes ou nationalistes ; elle repose sur la fidélité et le profond dévouement du peuple à sa patrie , sur la confraternité des travailleurs de toutes les nations . Dans le patriotisme s'associent harmonieusement les traditions nationales des peuples et les intérêts vitaux communs de tous les travailleurs . Loin de diviser, le patriotisme groupe, au contraire, toutes les nations et nationalités au sein d'une famille unique, fraternelle. C'est là qu'apparaissent ces bases de l'amitié inébranlable, de plus en plus forte, des peuples .
partie 1 - commentaire trop long -
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0 #1 Stoni 04-02-2010 15:45
J'ai pas tout compris... Je suis sur ma faim.
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